RockMetal Passion

La passion du metal                                             par Caroline C. Design fond de page et logo Sylvain Cousin

THE LOSTS

J'adore ce métier. On découvre des groupes et on devient accro.

The Losts est un groupe dont le chanteur fait penser à Bruce Dickinson our Rob Halford, rien que ça.... 

Vous voulez les (re)découvrir ? Alors, lisez cette interview de YGC , le chanteur /guitariste du groupe. Il nous parlera aussi de Giotopia, son autre groupe. 

RockMetalPassion :Peux-tu présenter le groupe The Losts ?

YGC : The Losts est un groupe du Nord de la France dont nous aimons définir le style comme du Dark Heavy Metal, de par les éléments classiques mais aussi plus sombres qui composent sa musique. Nous évoluons sous la forme d’un quatuor dont les membres (DGC à la guitare, JCR à la batterie, GGV à la basse et moi-même au chant et à la guitare) sont stables depuis la création du groupe. C’est quelque chose d’important pour nous puisque le groupe est basé sur une fratrie et une amitié de longue date. Nous tournons depuis 2010 dans la région, en Belgique, aux Pays-Bas et nous avons deux disques à notre actif.

 

RockMetalPassion :  Dis-nous comment est venu le nom du groupe et l'histoire des égarés ?

YGC : Un jour, en amont de la création du groupe et dans un creux de vague, j’ai composé ces quelques riffs sur lesquels j’ai posé mes états d’âme du moment. C’est devenu « Kingdom Of The Losts » (avec un « S » à « Lost » pour en faire un nom propre à part entière). Le morceau a maturé, avec des bribes d’histoire, une personnification. Lors des rendez-vous préparatoires à ce qu’allait devenir le groupe, ce morceau (qui apparaît dans sa version définitive sur l’EP de 2013) a été notre première base de travail. Et lorsqu’il a fallu se choisir un nom, c’est assez logiquement, et en référence à l’histoire que j’imaginais pour les textes du groupe, que nous nous sommes baptisés « The Losts ».

RMP : L'album du groupe The Losts (les égarés) est-il un concept album ? Et le EP "No God, No Devil" est-il une sorte de première partie de l'album "Of Shades & Deadlands"

YGC : Le groupe en lui-même est un concept, les albums en découlent donc. Le groupe raconte à travers ses textes et ses visuels, l’histoire des Egarés : des êtres nés de nulle part, dans l’anonymat et l’abandon des plus totaux mais se prenant de passion pour l’humanité. Peu à peu, ils se fondent dans nos sociétés et développent, par imitation, la nature la plus profonde de l’Homme : une nature noire, meurtrie et auto-destructrice. Il s’agit bien entendu de dépeindre au travers du regard des Egarés une satire de nos sociétés. « No God, No Devil » présente les Egarés et leurs origines alors que « … Of Shades & Deadlands » détaille les virus qu’ils contractent. Le prochain album poursuivra certaines choses mais commencera également à prendre des libertés car un concept implique forcément des bornes créatives.

 

RMP : Que représente la pochette de l'album ? Et qui en est le créateur ? YGC : La pochette de « … Of Shades & Deadlands » personnifie des Egarés dans une scène de désolation aux accents religieux ou industriels et où se croisent nos symboles. Le masque des personnages est également celui que nous portons en introduction de certains de nos concerts. Il symbolise l’anonymat des Egarés parmi les êtres humains (anonymat que nous illustrons également par nos pseudonymes en trigramme) et il est flanqué de la « Croix sans tête » que l’on retrouve également en arrière plan de l’image. Cette croix compile les « T » du logo de THE LOSTS, références au culte et à l’occulte, et elle symbolise l’absence d’un Dieu ou d’un Diable pour guider les Egarés à l’aube de leur vie. Des empilements de masques sur les bords de l’image indiquent que, jadis, ce lieu pouvait être le berceau des Egarés, naissant à la manière d’une production de masse. Où sont-ils maintenant ? Sont-ils partis se confronter à la civilisation ? Cette illustration, dont nous sommes très fiers, est l’œuvre du talentueux Stan W. Decker, designer graphique français dont nous sommes de grands fans et dont le nom voyage beaucoup. Nous vous laissons découvrir ses œuvres via sa galerie http://www.stanwdartworks.com, vous y croiserez des noms tels que PRIMAL FEAR, MASTERPLAN, ADX, JORN… ou plus récemment, nos copains de BLACKBART. Stan a parfaitement saisi ce que nous souhaitions mais le résultat a été bien au-delà de nos attentes ! Pour moi, le visuel d’un disque a toujours été presque aussi important que son contenu. C’est une œuvre dans une autre. C’est ce qui donne une couleur à la musique.

RMP : Qui compose dans le groupe ?

YGC : Parfois, c’est DGC qui nous propose ses idées. Il nous est arrivé aussi de travailler d’emblée de manière plus collégiale. Mais la plupart du temps je propose au groupe mes compositions, les riffs et leur succession, les mélodies vocales et les textes, puis chacun arrange ses parties par-dessus. Nous procédons ainsi par simplicité mais ce qui est important, c’est que chacun puisse s’approprier sa part de travail et donner son avis. C’est dans la discussion que les morceaux prennent leur forme finale.

 

RMP : C'est mon opinion, ta voix a des similitudes avec celles de Bruce Dickinson ou Rob Halford, es-tu d'accord avec ça ?

YGC : Merci beaucoup, je prends ça comme un sacré compliment ! C’est quelque chose qui est souvent revenu dans les chroniques de nos disques, Dickinson, Halford, ainsi que Blaze Bayley et Ozzy Osbourne. Je dois dire que je m’accommode plutôt bien de ces comparaisons :-D Ce sont des chanteurs purement emblématiques ! Après, j’aurais bien du mal à décrire ma propre voix. Il y a souvent une distance entre la perception que l’artiste a de son travail et celle du public, la déformation entre être acteur d’un processus de création et en être spectateur neutre. C’est en cela qu’il est intéressant de faire chroniquer ses disques, on se rend compte de ce qu’ils renvoient aux auditeurs, on découvre des choses sur soi. Il est en tout cas certain que les chanteurs que tu cites ont eu un impact dans ma formation musicale.

RMP : Vous êtes venus à la Convention Rock'N'Metal de Fismes. Qu'as-tu pensé de l'accueil du public ?

YGC : Cette date est un très bon souvenir tant pour l’accueil du public, que pour celui d’Underground Investigation et son staff, ainsi que les conditions de jeu. On y a fait de belles rencontres, de bonnes retrouvailles aussi et on a reçu de beaux retours. Au-delà de cela, ça a été une date particulière pour nous car DGC étant indisponible, nous nous étions adjoint les services de notre ami Guy Isbled (HOLE XPANDER, INCHES OF LOVE). Nous avons donc proposé une set-list plus Rock de part sa touche personnelle et avec des titres qu’il connaissait déjà sur disque. De mon côté, je suis monté sur les planches avec une sacrée bronchite mais ma voix a tenu juste la durée du set… l’instant de grâce :-D

 

RMP :  D'autres concerts à venir pour The Losts ?

YGC : Pour l’instant nous mettons la scène en pause pour nous consacrer sur l’enregistrement du prochain disque, qui est totalement écrit et que nous avons présenté lors d’un concert sur Dunkerque cet été. Une date est néanmoins déjà prévue fin mars, sur Lille, avec les Roumains de DIRTY SHIRT, histoire de se dégourdir un peu les membres ;-)

RMP :Tu es le chanteur et guitariste du groupe, quels sont tes héros musicaux ?

YGC : Ils sont nombreux… Promis je vais me limiter, je ne vais donc citer que Dave Mustaine (MEGADETH), Andre Matos (ANGRA, SHA(A)MAN, ANDRE MATOS BAND, etc.), Snowy Shaw (NOTRE DAME, THERION, KING DIAMOND, XXX, etc.), Yngwie Malmsteen, Blaze Bayley (IRON MAIDEN), Michael Schenker (MSG, TEMPLE OF ROCK), King Diamond, David Bowie, Papa Emeritus (GHOST) et Blackie Lawless (WASP).

 

RMP :  As-tu toujours voulu joué de la guitare et en même temps être au chant ?

YGC : Lorsque j’ai commencé à jouer en groupe, vers 1999, je n’étais « que » guitariste. Le chant m’attirait sans pour autant oser me lancer alors j’ai commencé par quelques chœurs. En 2006, j’ai monté un duo de Rock/Hard Blues (FRUGINS, dont l’album est resté à l’état de démo non publiée) et là j’ai vraiment fait l’expérience du chant. J’ai réitéré dans un registre electro-goth, projet éphémère avec JCR, mais c’est véritablement avec THE LOSTS que j’ai pu parfaire ma tessiture. Maintenant, je me sens autant chanteur que guitariste et je serais bien embêté si je devais faire un choix entre les deux pratiques. Même si, de temps à autre, ne faire que l’un des deux me permet une toute autre approche et c’est aussi une démarche appréciable.

RMP : Tu as participé à l'Opéra Rock Giotopia composé par Gio Smet sorti en mai 2018. Comment as-tu été recruté ?

YGC : A priori notre amie Ginny (Claes, chanteuse du groupe belge The Guardian), qui avait rejoint le projet, a parlé de THE LOSTS à Gio. Il a écouté et a visiblement accroché à ma voix puisque j’ai reçu un mail me proposant de prendre part à l’aventure. J’ai tout de suite accepté, séduit par l’idée d’essayer autre chose.

 

RMP :  Pourrait-on dire que Giotopia est du metal symphonique ?

YGC : Il y a des éléments dans la musique ou dans les voix qui peuvent faire penser à des groupes de Metal symphonique. Je pense que l’appellation « Opera Metal ou Rock », comme tu le mentionnais plus haut, est une meilleure étiquette car elle synthétise vraiment, à mon sens, ce que Gio a voulu faire : une histoire mise en musique de manière mélodique et épique.

 

RMP :  Comment s'est passé l'enregistrement de l'album, sachant que vous étiez 15 artistes et de nationalités différentes ?

YGC : Pour beaucoup d’entre-nous l’enregistrement s’est fait à distance, Gio envoyant les pistes pré-produites, les textes et les répartitions vocales. Pour d’autres, les rendez-vous se sont faits directement au studio de Gio en Belgique. Pour ma part, j’ai enregistré mes pistes depuis le studio de THE LOSTS. Gio nous a donné des indications, mais il nous a laissé une grande liberté d’interprétation. C’est assez facile de travailler avec lui et de comprendre où il souhaite en arriver. Il est même rapidement devenu un ami. Gio a ensuite récupéré toutes les pistes, les a mixées et puis a masterisé le tout.

RMP : Un second album de Giotopia est en cours, ce sera une suite ou une nouvelle histoire ?

YGC : Le premier disque s’appelait « A Fantasy Tale On Music – Part I »…. Le second disque sera donc la « Part II ». Quand le premier volet s’achève, la guerre bat son plein à Giotopia et le pays est en bien mauvaise posture face aux hordes du terrible Abaddon. Nous espérons bien voir la paix se rétablir durant le second volet ;-) Dans cette suite, de nouveaux protagonistes entrent en scène. Dans le premier disque, Gio avait invité Fabio Lione (RHAPSODY, ANGRA) et Ralf Scheepers (GAMMA RAY, PRIMAL FEAR) parmi la troupe de musicien.nes. Cette fois-ci, on trouvera Herbie Langhans (AVANTASIA, VOODOO CIRCLE, SINBREED, etc.) et Apollo Papathanasio (FIREWIND, SPIRITUAL BEGGARS, EVIL MASQUERADE) parmi les participants.

 

RMP : The Losts et Giotopia sont différents, comment adaptes-tu ta voix à ces deux registres ?

YGC : Pour THE LOSTS, les chansons sont composées autour de ma voix, de ma tessiture, j’ai donc cette impression de chanter naturellement et je peux me reposer sur JCR qui assure les parties vocales extrêmes ou encore sur GGV qui assure les chœurs. Dans GIOTOPIA, pour la première fois je pose ma voix sur des chansons que je n’ai pas écrites ou qui n’ont pas été pensées spécialement pour moi, ceci me pousse donc à appréhender différemment mon registre, à le développer. J’incarne un personnage (Magus The Forest Walker, enchanteur et conseiller du roi) et ma voix doit donc se faire le relai de ses sentiments. J’use davantage de lyrisme car c’est aussi ce que le style nécessite.

 

RMP : Un mot pour les lecteurs pour finir ?

YGC : Merci d’être restés jusqu’au bout ! Venez aux concerts, venez nous trouver à la fin, on se tapera sur l’épaule autour d’une bonne bière ! Et achetez des disques aussi… c’est important !

Caroline, je te remercie pour cette interview et ton intérêt !

Interview réalisée par Caroline Caron par mail le 17/12/2018