RockMetal Passion

La passion du metal                                             par Caroline C. Design fond de page et logo Sylvain Cousin

PATRICK GESTEDE

Photo Barry WM

Le chanteur de Chrysis est un poète qui ne pratique pas la langue de bois. C'est avec plaisir que j'ai interviewé ce chanteur charismatique de Chrysis. 

 

RockMetalPassion : Chrysis est un groupe formé en 1976 par une bande de potes. Comment est venue l'idée à des ados de fonder Chrysis ?

PAT :  Comme beaucoup je pense. Comme le gamin qui rêve en regardant Lionel Messi et qui sort son ballon après le match pour aller jouer avec ses copains au bas de l'immeuble. Nous, Messi c'était R.J Dio ou Michael Schenker, le Barça AC/DC ou Saxon. 

RMP : Pourquoi ce nom Chrysis ? A-t-il une signification particulière ?

PAT : Dans un roman antique de Pierre Louÿs et pour faire vite, Chrysis est une courtisane-prostituée qui se fera trahir par orgueil, condamnée à la fois à mort et à la vie éternelle, son corps sans vie ayant été sculpté par celui qu'elle avait elle-même trahi par intérêt. C'est joyeux non ? Plus prosaïquement on trouvait que le mot Crisis écrit Chrysis était joli à regarder (Rire). 

RMP : Le groupe s'est arrêté de jouer pendant un moment et en 2009, Chrysis est de retour avec un nouveau line-up. Pourquoi cette absence et ce changement de musiciens ?

PAT :  Dans les années 80 on pouvait penser que le métal allait pouvoir faire vivre son homme, l'arrivée des Allemands de Scorpions sur la scène internationale pouvant ouvrir la voie. Ça n'a pas été le cas et le rêve d'au moins pouvoir vivoter de la musique s'est évanoui. Le groupe avec. Après une hospitalisation qui aurait pu tourner au drame, j'ai ressenti le besoin de faire revivre Chrysis, la boucle n'était pas bouclée. A nos retrouvailles le line-up du premier chapitre était au rendez-vous. Mais les obligations professionnels des uns, le manque d'investissement des autres, et certains ont naturellement laissé leur place. 

RMP : Le nouvel album est en cours de mixage, peux-tu nous en parler ? 

PAT : Il sera composé de neuf titres, un mélange d'anciennes compos revisitées et de nouveautés dans notre style Hard-rock/Heavy. Comme à notre habitude on a tenté de faire s'entendre qualités mélodiques et rentre-dedans indispensable au style, la nouvelle section rythmique ayant permis de muscler les débats comme nous le souhaitions.

RMP : Il devait sortir fin 2018/début 2019. Pourquoi a-t-il été retardé ?

PAT :  Là on touche un point sensible. Comme je ne pratique pas la langue de bois, je peux dire que l'aventure est un accouchement long et douloureux. Avec certaines options de notre part qui n'ont pas été des plus heureuses et le dilletantisme en ayant découlé, le projet met beaucoup plus de temps que prévu à se concrétiser. Le cruel manque de moyens explique aussi cela. A titre d'exemple, les voix ont dû été enregistrées en une seule journée ! Du coup l'ensemble devrait sonner plutôt live, avec ce que cela comportera d'avantages et d'inconvénients.  

RMP : Le clip "Never Say Never" est sorti avant l'album. Est-ce pour faire patienter les fans ?

PAT :  Bingo ! Quand on a su que l'album ne pourrait pas sortir à temps pour le Festival de Fismes, on s'est tourné vers la réalisation d'un clip dans l'urgence. C'était au moins ça à se mettre sous la dent ! 

RMP : Comment se passe la phase de composition ?

PAT :  Souvent d'une idée de mélodie chantée sur laquelle le guitariste va poser une rythmique ou d'un riff de guitare sur lequel je pose une mélodie. Mais parfois je peux arriver avec la totalité du titre en magasin et là ça peut aller très vite. Ensuite le morceau évolue au fil des répètes, la section basse-batterie y mettant son grain de sel. 

RMP : Chrysis à joué à la Convention Rock'N'Metal le 3 mars dernier, que retiens-tu de cette journée et de l'accueil des fans et des personnes qui vous ont découvert ?

PAT :  Faire Fismes, comme on dit, est toujours un plaisir tant l'organisation et les organisateurs y sont agréables. Le public est au diapason et l'ambiance est saine et respectueuse. On aime pas un groupe ? Et ben on va boire une bière ou fumer une clope en attendant le suivant sans dénigrer, on aime beaucoup cette mentalité. Jouer en dernier est toujours un peu risqué, mais on l'a fait devant un parterre bien garni malgré nos craintes, et avec d' irréductibles fidèles au rendez-vous. Le public a été patient et réceptif, qu'il en soit vivement remercié ! 

RMP : Que penses-tu de la scène Rock/Metal française et internationale ?

PAT :  J'avoue ne pas être un spécialiste des "vieux" groupes de métal français (dont nous sommes, même si je ne le ressens pas comme çà) comme d'autres le sont. J'écoute plus les p'tits nouveaux et le niveau est vraiment monté d'un cran. Le métal produit des musiciens incroyables et beaucoup de jeunes formations, internationales ou pas, bercées aux nouvelles technologies et ayant eu la possibilité de jeter une oreille sur le monde entier en un clic, ont un savoir-faire étonnamment mature. Je prends des claques régulièrement, dernière en date, les Troyens de Disconnected en première partie de Mass Hysteria. 

RMP : Que dirais-tu à un groupe qui voudrait débuter dans la musique ?

PAT :  Rien. J'aurais l'impression de jouer les donneurs de leçons et je ne me sens d'aucune légitimité à pouvoir le faire. 

RMP : Pour finir, c'est la tradition. Un mot pour les lecteurs.

PAT :  Bravo pour être allés au bout de l'interview (Rire) ! Je le répète souvent, et sans aucune démagogie, mais je pense vraiment que le public et les lecteurs font aussi partie d'un groupe, DU groupe, alors je leur dirais... merci de continuer à jouer avec nous ! Et merci à toi Caroline de ton intérêt... Stay tuned ! 

 Interview réalisée par mail les 25 et 28 mars 2019 par Caroline C